
Depuis quelques jours, je vois beaucoup l'expression Donner au suivant circuler sur les réseaux sociaux. Ça m'a donné l'envie de vous partager un petit moment de notre vie à Chéri et moi et qui sait, à travers ce partage amener une certaine réflexion.
Je n'ai jamais été celle à qui
l'on donnait. Comme beaucoup, j'ai passé ma vie
à me battre pour le peu que j'ai eu et
je peux vous assurer que je me suis toujours contentée de peu. La vie ne m'a jamais fait de cadeaux hormis le
fait d'avoir des enfants, petits et grands, extraordinaires, ainsi qu'un mari
merveilleux.
Mon merveilleux mari, je l'ai rencontré au travail il y aura bientôt 8 ans.
Moi... J'effectuais alors un retour aux études tout en travaillait et m'occupant de mes deux premiers enfants. Je n'espérais plus le véritable amour, dans les faits j'étais de plus en plus persuadée qu'il ne se présenterait jamais. Je n'avais pourtant que 32 ans à l'époque, mais j'étais complètement désillusionnée des hommes. Mes histoires d'amour s'étaient toujours très mal terminées sans que je comprenne vraiment pourquoi, malgré tous mes questionnements. Je m'étais seulement promise une chose après ma dernière rupture, que le prochain qui partagerait ma vie, si prochain il y avait, serait à l'image de l'homme que j'avais toujours voulu depuis toute petite. J'avais même pris le temps de m’asseoir pour en faire son portrait. J'avais sur papier, dressé une liste de ses qualités et ses valeurs et je comptais bien m'y tenir. Je ne voulais plus faire de compromis. J'étais prête à passer le reste de ma vie seule plutôt qu'à en faire.
Lui... il était divorcé depuis quelques années de son premier amour, il s'en était bien remis, avait vécu seul depuis ce temps, n'avait seulement pas eu la moindre aventure depuis son divorce, rêvait toujours de rencontrer l'amour, mais vivait bien sa solitude et son célibat. C'était un homme calme, agréable, toujours de bonne humeur, toujours très respectueux des autres et à sa place. Il était intello, un peu geek (non très geek, mais ça, je ne le savais pas encore) et maniaque de cyclotourisme.
Nous... Nous partagions les mêmes goûts, à pratiquement tous les niveaux. Peu de temps après notre première rencontre, nous sommes tombés complètement amoureux. Peu de temps après, mes deux premiers enfants l'aimaient tout autant. Rapidement, nous sommes emménagés chez lui et quelques mois plus tard, je devenais enceinte. Son premier enfant. Un enfant qu'à 40 ans il n'espérait plus. D'un homme seul, il passait à la tête d'une belle famille de bientôt trois enfants. Il en était heureux et fier.
Pratiquement dès le début de ma grossesse, j'ai dû arrêter le
travail et les études pour des nausées gravissimes. À quatre mois, je ne marchais
plus. J'apprenais alors que je souffrais de diastasis de la symphyse pelvienne
et malgré toutes les petites choses
mises en place, tous les exercices, la situation empirait de jour en jour. À peine quelques semaines plus tard,
un travail prématuré s'installait. Rapidement, on m'annonçait que j'allais autant que possible
devoir garder le lit jusqu'au terme de ma grossesse et que désormais les sorties extérieures devraient se faire en
fauteuil roulant. Mais notre fils à venir
se portait bien et semblait se développer
normalement. Pour nous c'était
l'important.
Je trouvais ça
difficile de devoir rester enfermée à la maison toute la journée, mais dès qu'il le pouvait, mon dévoué mari me sortait, poussait mon
fauteuil pour de longues promenades. Avec seulement un salaire, nous n'étions pas les plus riches, mais ne
manquions de rien. Et si cette période
ne fut pas évidente, elle fait également partie de mes plus beaux
souvenirs, car c'est à partir
de ce moment que j'ai réalisé que peu importe les difficultés, mon mari serait à mes côtés pour me soutenir. Je savais désormais que je pourrais toujours
compter sur lui et que nos enfants aussi.
Chéri et
moi, nous étions toujours faits très discrets sur notre relation au
travail, de sorte que la majorité des
gens ne savait pas que nous formions un couple.
Un jour, mon mari est arrivé du
travail avec "des tonnes" de vêtements
de maternité et divers accessoires de bébé. Un
client d'affaires (que j'avais également
connu) très nouvellement papa, qui
avait appris que la conjointe de mon mari, en l’occurrence
moi, était enceinte, lui avait
apporté tout ce qui avait servi à son épouse
les mois précédents. Je n'exagère pas
du tout si je vous dis qu'il y avait pour quelques milliers de dollars en vêtements de maternité, un coussin d'allaitement et
d'autres articles qui étaient
pour ainsi dire pratiquement neufs. Le
client en question avait dit alors à mon
mari qu'il était certain que lui et sa
femme n'auraient pas d'autres enfants alors ils ont... donné au suivant ! Et c'est exactement les
mots qu'il avait employés en
ajoutant que pour le remercier nous n'aurions simplement qu'à faire de même.
Jamais de ma vie une personne n'avait été aussi
généreuse
avec moi. Une personne qui ne savait toujours pas qui j'étais.
Quelques mois plus tard, je donnais naissance à un magnifique petit garçon.
Le lendemain de l'accouchement, moi mari et moi avons reçu une visite surprise à l'hôpital.
Le client en question était
venu nous porter un sac-cadeau qui contenait des un paquet de couches nouveau-né, des boîtes de lait maternisé en poudre, un tire-lait neuf, des
biberons, quelques jouets et un toutou pour notre fils. Ah oui ! Il y avait aussi
une carte-cadeau de pharmacie, mais je ne me souviens plus de la valeur de
cette dernière. C'est seulement à ce moment, lors de cette visite, que
l'homme en question a appris que c'était
moi la conjointe.
Nous n'en revenions tout simplement pas ! Déjà, lui
et sa femme avaient été tellement généreux
avec nous.
Je n'arrivais pas à croire
qu'une personne que nous connaissions si peu, que nous n'avions pas connu
autrement que dans un cadre de travail pouvait faire une chose de la sorte.
C'est à partir
de ce moment que nous nous sommes également
mis à donner au suivant "plus
activement". Nous prenons un grand soin des vêtements, jouets, poussettes et autres choses qui
appartiennent à nos enfants et par la suite
nous les donnons à la place de les revendre.
Nous ne savons pas si ça fait
vraiment une différence dans la vie d'autres
personnes, car nous donnons toujours de façon
anonyme à des organismes pour gens
plus défavorisés de la région. Mais nous nous disons que si pour nous, des gens qui
ne manquaient de rien sans être les
plus riches, ça a fait une différence qu'une personne fasse preuve
d'autant de générosité, ça doit quelque part faire du bien.
Certains diront peut-être que
d'agir ainsi, de donner à la
place de faire quelques sous n'enrichit pas son compte bancaire.
Peut-être !
Mais je peux vous garantir une chose : ça élève l'âme et enrichit le cœur.
Et vous, est-ce que vous donnez au suivant ? De quelle manière la faites-vous ?


Vous pouvez également lire cet article sur le site spectredelautisme.com où il a été publié en primeur le 21 mars 2014.