
Dernièrement, dans l'une de mes publications, je vous faisais part que je trouvais étrange que la ville où j'habite fournisse une étudiante en technique d'éducation spécialisée afin d'accompagner mon fils Asperger dans son camp de jour pour l'été alors qu'à l'école on me refuse ce service.
Une éducatrice
spécialisée m'a répondu et je l'en remercie. Elle m'a
ouvert la porte dont j'avais besoin pour aborder ce sujet avec vous qui devez
vous battre pour obtenir le moindre service pour ces derniers à l'école.
La première chose que je dois vous dire, c'est qu'avant de m'avancer sur le sujet, j'ai passé plusieurs appels au MELS, à la commission scolaire de l'école que fréquente mon fils et dans d'autres commissions scolaires du Québec. J'ai également pris des informations directement d'autres écoles et pris le temps de discuter de la situation avec divers intervenants. Je voulais m'assurer que j'avais bien compris le fonctionnement de l'école que fréquente mon fils et je voulais m'assurer du fonctionnement ailleurs au Québec.
Par la suite, j'ai fait plusieurs recherches sur internet.
J'ai lu beaucoup de témoignages
de parents d'enfants ayant des besoins particuliers qui mentionnaient devoir se
battre constamment avec les écoles
pour les services de leurs enfants. Mais je n'arrivais pas à trouver de l'information juste et
pertinente sur le sujet qui m'intéressait.
C'est que ces informations, elles sont assez bien camouflées dans les divers sites internet.
Après plusieurs semaines de recherche,
j'ai finalement trouvé.
AU QUÉBEC, DES COMMISSIONS SCOLAIRES DÉTOURNENT LES ALLOCATIONS
ALLOUÉES AUX ENFANTS TSA.
Par téléphone, on m'a à maintes reprises confirmé que
c'est l'école qui devrait gérer l'enveloppe des services. Les
sous des différents programmes de
financement que reçoivent nos enfants devraient être placés dans un compte spécial
qui est administré par l'école. On m'a également confirmé que
malheureusement, dans plusieurs écoles au Québec, les sous qui viennent avec la cote 50 d'un enfant
TSA, sont répartis de sorte à offrir des services à l'ensemble des élèves de
l'école et pas seulement à l'enfant TSA. Si la direction de l'école ou
le service de l'adaptation scolaire juge que l'enfant TSA n'a pas besoin de
services (et c'est laissé à leur discrétion), il n'a tout
simplement pas de services.
Cette pratique, elle est dénoncée par de nombreuses autres écoles du Québec. Et ici, je ne parle pas d'écoles totalement spécialisées, mais d'écoles qui s'assurent simplement que les sous reçus pour un enfant X vont pour les services de cet enfant et
pas aux autres élèves. Ces écoles
s'assurent également que les sous reliés à
l'enfant le suivent tout au long de son cheminement scolaire.
Certaines écoles
et commissions scolaires peuvent bien véhiculer
si elles le veulent le fait qu'elles manquent de financement pour les services
des élèves à
besoins particuliers, mais selon moi, certaines d'entre elles utilisent
simplement les sommes reçus
autrement que pour mettre en place les services aux élèves.
7 ALLOCATIONS SUPPLÉMENTAIRES SONT ACCESSIBLES AUX ÉCOLES
Non seulement les différentes
commissions scolaires peuvent recevoir une allocation annuelle pour nos enfants
TSA, mais il existe également
d'autres programmes de soutien ce qui
me conforte encore plus dans mon idée que nos enfants sont les victimes
d'un détournement de fonds à grande échelle.
Vous trouvez que je pousse ?
Je vous donne un
exemple qui vous fera peut-être comprendre mon point de vue.
Une école X fait une demande de subvention au MELS pour l'achat d'un fauteuil roulant bien spécial pour un élève en particulier. En étudiant le dossier et constatant que l'élève en question a réellement besoin de ce fauteuil, le MELS accepte leur demande de subvention et accorde la subvention XY afin que l'école puisse procéder à l'achat de ce dernier. Mais l'école décide finalement de prendre cette subvention pour financer l'achat d'un panier de baskets. Dans ce cas-ci, vous seriez d'accord de dire que l'école détourne les fonds qui devaient servir à l'achat du fauteuil de l'étudiant.
On s'entend que j'ai poussé de façon ridicule la situation de mon exemple. Du moindre j'ose l'espérer. Mais
c'était dans le but de vous faire
comprendre le pourquoi je dis que nos enfants sont les victimes d'un détournement de fonds, car les sous
qu'ils reçoivent, en leur nom, en lien
avec une problématique qui est la leur, sont
redistribués pour d'autres services au détriment
de leurs services.
En lisant le document du MELS : L'organisation des services éducatifs des élèves à risque et aux élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA), vous aurez probablement quelques surprises comme ce fût le cas pour moi. C'est également suite à cette
lecture que j'ai eu la confirmation que certaines écoles et commissions scolaires ne font pas ce qu'elles
devraient faire.
« ...Le MELS accorde aux commissions scolaires un financement global pour l'organisation des services aux élèves en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage, sans égard à leur identification administrative, alors qu'un financement supplémentaire spécifique est accordé pour chaque élève dont il reconnaît l'identification en tant qu'élève handicapé. »
« Par ailleurs, en soutien à l'application de sa politique de l'adaptation scolaire, le MELS met à la disposition des écoles des allocations supplémentaires. »
Il y a au moins 7 de ces allocations supplémentaires que les écoles peuvent recevoir. Ce n'est pas peu !
Allocation
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Description
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Clientèle visée
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Allocation
supplémentaire 30 810-1
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Mesure qui vise à financer
l’achat de mobilier et d’appareillage spécialisés nécessaire à la
scolarisation de certains élèves handicapés.
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Élèves handicapés de 4 à 21 ans.
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Allocation
supplémentaire 30 810-2
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Mesure qui vise à améliorer
l’accessibilité aux élèves HDAA aux technologies de l’information et des
communications (TIC). Elle permet de financer l’achat de matériel
informatique pour pallier le handicap ou les difficultés d’adaptation ou
d’apprentissage de certains élèves.
Au moins 70 % de la somme
doit être attribuée à la clientèle âgée de 4 à 21 ans inscrite en formation
générale au secteur des jeunes qui répond aux critères des définitions de
handicap
D'autre part, jusqu’à 30 %
de la somme peut être attribuée aux élèves en difficulté d’adaptation ou
d’apprentissage.
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Élèves handicapés de 4 à 21 ans.
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Allocation
supplémentaire 30 054-2
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Mesure qui vise le développement
pédagogique et le soutien à l’acquisition de l’expertise requise relativement
à l’utilisation des TIC.
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Élèves à risque et handicapés.
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Programme
de soutien à la recherche-action en adaptation scolaire
(30054-1)
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Mesure qui vise à encourager
l’innovation et le développement de pratiques visant à mieux intervenir
auprès des élèves handicapés ou en difficulté. Elle a pour objet de soutenir
financièrement l’élaboration, la réalisation et l’évaluation de projets de recherche-action
portant sur le développement ou sur la validation de nouvelles approches,
interventions ou modalités d’organisation de services adaptés pour répondre
aux besoins des élèves ayant des difficultés dans leurs parcours scolaire.
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Élèves à risque ou handicapés.
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Adaptation
scolaire-Libération des enseignants
(30059)
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Libération des enseignants pour participer à l’élaboration des
plans d’intervention adaptés.
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Élèves à risque et HDAA
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Allocation
supplémentaire (30053)
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Somme allouée dans les réseaux pour répondre aux besoins
particuliers d’élèves handicapés en classe ordinaire. Cette allocation est
versée aux réseaux.
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Élèves HDAA ayant des besoins très particuliers
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Allocation
supplémentaire (30057)
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Mesures s’appuyant sur les besoins des élèves et sur la
situation des écoles primaires et secondaires des rangs déciles 1 à 7.
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Élèves à risque et HDAA
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On peut également
lire dans ce document très
officiel du MELS qu’à la suite à l'évaluation
diagnostique de l'enfant, si des incapacités et
des limitations restreignent ou empêchent
ses apprentissages au regard du Programme de formation de l'école québécoise ainsi que le développement de son autonomie et de sa
socialisation, des mesures d'appui
doivent être mises en place pour réduire les inconvénients
dus à sa déficience ou à son
trouble, c'est-à-dire pour lui permettre d'évoluer dans le milieu scolaire malgré ses incapacités ou ses limitations.
Si on regarde encore une fois dans ce même document, on peut y lire qu'un
enfant vivant avec un trouble du spectre de l'autisme TSA (ou dans le document
c'est Trouble envahissant du développement)
reçoit automatiquement une cote 50. La mesure d'appui pour cette
cote est soutien continu.
Définition
de soutien continu selon le MELS
« Le soutien continu se caractérise par des services offerts durant plusieurs heures, chaque jour. De plus, un membre du personnel doit être disponible en tout temps dans l'école, pour intervenir lors de situations imprévues. Un soutien continu doit être donné aux élèves : ayant des troubles graves du comportement, une déficience intellectuelle de moyenne à sévère une déficience intellectuelle profonde, une déficience motrice grave, des troubles envahissants du développement ou des troubles relevant de la psychopathologie. »
Définition
de soutien régulier qui est offert aux
autres élèves :
« Le soutien régulier se caractérise par une aide fréquente, c'est-à-dire à plusieurs reprises au cours d'une journée ou d'une semaine ; au total, cette aide représente au moins plusieurs heures par semaine. Aux élèves ayant une déficience motrice légère, une déficience organique, une déficience langagière, une déficience auditive ou une déficience visuelle, un soutien régulier doit être minimalement offert. »
Si je vous dis que bien des enfants, en commençant par le mien, n'ont pas les
services qui sont définis ici, et ce dans les
deux mesures d'appui mentionné
ci-haut, que diriez-vous ? Que c'est la faute du gouvernement ? Parce que moi,
avec tout ce que j'ai lu dans ces documents, je maintiens ma pensée que les sous, les commissions
scolaires et les écoles les reçoivent, mais qu'ils sont détournés afin
de favoriser l'ensemble des élèves, ce qui est inacceptable, car au
bout du compte, ce sont nos enfants autistes qui en paient le prix.
Je veux bien comprendre que d'autres enfants auraient eux
aussi besoin de services et qu'à cause
d'un non-diagnostic ou encore d'un diagnostic jugé moins
sévère par
le MELS ils n'ont pas accès à ces derniers. Que le fait de
redistribuer les sommes reçues
fait en sorte qu'ils ont un minimum de services. Mais pendant ce temps, des
enfants comme mon fils, pour qui les commissions scolaires reçoivent de généreuses
allocations n'ont pas les services qui leur reviennent de droit.


Vous pouvez également lire cet article sur le site spectredelautisme.com où il a été publié en primeur le 28 mai 2014.