
Hier, c’était jour de rentrée scolaire pour nombre d’enfants… et de parents. Après ma très courte nuit de sommeil, l’autisme de mes enfants oblige, alors que je savourais mon très matinal cappuccino et consultait mon fil d’actualité Facebook, je suis tombée sur une publication plutôt sympatoche (pour qui peut se qualifier à l’occasion de mère indigne) de Bianca Longpré qui vantait les vertus du retour à l’école de ses enfants sur son quotidien.
Pour avoir eu la chance de vivre cette expérience il y a deux ans alors que la femme au foyer forcée que
j’étais depuis 8 ans allait reconduire
pour son plus grand bonheur son fils à l’école et sa fille à sa première journée de
CPE, je dois avouer que c’est une
sensation de liberté merveilleuse de pouvoir s’appartenir un peu et de ne pas devoir
passer sa journée à gérer les
crises répétitives qui viennent trop souvent de pair avec l’autisme.
Moi aussi j’ai
chanté pendant quelques jours « LIBÉRÉE… DÉLIVRÉÉ… » Mais ce matin, le réveil a été brutal et je suis forcée de constater que les choses ont
bien changé depuis.
Cette année,
comme beaucoup d’autres parents d’enfants à besoins particuliers, je ne sabrerai pas le champagne
pour me récompenser d’être passé au travers de l’été qui se termine. Non seulement le Dom
Pérignon ne coulera pas à flots chez nous, mais je vais
continuer à boire mon café sans Bailey’s froid.
Je vais continuer d’être une Ironmom et de
jongler avec les rendez-vous, les thérapies,
les évaluations… et l’école à la maison parce que comme c’est le cas pour trop de parents d’enfants à besoins particuliers le manque de services aura eu raison
de nous.
Déjà, à bout
de souffle, épuisés par la méconnaissance
et l’incompréhension d’autrui face à cet état neurodéveloppemental, par un système
scolaire n’ayant pas les moyens de ses
ambitions et qui veut que trop souvent pratiquer une inclusion quasi sauvage
sans respect pour les besoins de l’enfant
autiste ou à besoins particuliers, nous
avons personnellement pris, pour le bien de nos enfants, la décision de les scolariser à la maison.
Les résultats
n’ont pas tardé à se
faire sentir et se détaillent
aujourd’hui ainsi : une petite fille qui ne s’automutile plus de nombreuses fois
par jour, un petit garçon qui
doit composer avec les défis de
son autisme et de certaines conditions associées qui
n’avaient pas été observés à l’école et finalement une maman, qui
bien qu’elle fasse tout pour assurer
le meilleur avenir à ses enfants, se retrouve à bout de ressources, mais surtout à bout de souffle.
Malgré le
fait que je n'ai pu danser en Bobette dans
ma cuisine hier matin, il est
possible que je m'endorme avec elle sur la tête ce
soir...
Une bonne rentrée à toi Bianca qui m'a inspiré ce billet ainsi qu'à tous les parents qui vivront tous
des rentrées ... Différentes.

Vous pouvez également lire cet article sur le site spectredelautisme.com où il a été publié en primeur le 8 août 2016.

Vous pouvez également lire cet article sur le site spectredelautisme.com où il a été publié en primeur le 8 août 2016.