UNE RENTRÉE SCOLAIRE DIFFÉRENTE

mardi 30 août 2016



Hier, c’était jour de rentrée scolaire pour nombre d’enfants… et de parents. Après ma très courte nuit de sommeil, l’autisme de mes enfants oblige, alors que je savourais mon très matinal cappuccino et consultait mon fil d’actualité Facebook, je suis tombée sur une publication plutôt sympatoche (pour qui peut se qualifier à l’occasion de mère indigne) de Bianca Longpré qui vantait les vertus du retour à l’école de ses enfants sur son quotidien.

Pour avoir eu la chance de vivre cette expérience il y a deux ans alors que la femme au foyer forcée que j’étais depuis 8 ans allait reconduire pour son plus grand bonheur son fils à l’école et sa fille à sa première journée de CPE, je dois avouer que cest une sensation de liberté merveilleuse de pouvoir sappartenir un peu et de ne pas devoir passer sa journée à gérer les crises répétitives qui viennent trop souvent de pair avec lautisme.

Moi aussi j’ai chanté pendant quelques jours « LIBÉRÉE… DÉLIVRÉÉ… » Mais ce matin, le réveil a été brutal et je suis forcée de constater que les choses ont bien changé depuis.

Cette année, comme beaucoup d’autres parents d’enfants à besoins particuliers, je ne sabrerai pas le champagne pour me récompenser d’être passé au travers de l’été qui se termine. Non seulement le Dom Pérignon ne coulera pas à flots chez nous, mais je vais continuer à boire mon café sans Bailey’s froid. Je vais continuer d’être une Ironmom et de jongler avec les rendez-vous, les thérapies, les évaluations… et l’école à la maison parce que comme c’est le cas pour trop de parents d’enfants à besoins particuliers le manque de services aura eu raison de nous.

Déjà, à bout de souffle, épuisés par la méconnaissance et l’incompréhension d’autrui face à cet état neurodéveloppemental, par un système scolaire n’ayant pas les moyens de ses ambitions et qui veut que trop souvent pratiquer une inclusion quasi sauvage sans respect pour les besoins de l’enfant autiste ou à besoins particuliers, nous avons personnellement pris, pour le bien de nos enfants, la décision de les scolariser à la maison.

Les résultats n’ont pas tardé à se faire sentir et se détaillent aujourd’hui ainsi : une petite fille qui ne s’automutile plus de nombreuses fois par jour, un petit garçon qui doit composer avec les défis de son autisme et de certaines conditions associées qui n’avaient pas été observés à l’école et finalement une maman, qui bien qu’elle fasse tout pour assurer le meilleur avenir à ses enfants, se retrouve à bout de ressources, mais surtout à bout de souffle.

Malgré le fait que je n'ai pu danser en Bobette dans ma cuisine hier matin, il est possible que je m'endorme avec elle sur la tête ce soir...


Une bonne rentrée à toi Bianca qui m'a inspiré ce billet ainsi qu'à tous les parents qui vivront tous des rentrées ... Différentes.




Vous pouvez également lire cet article sur le site spectredelautisme.com où il a été publié en primeur le 8 août 2016.