
Il est arrivé ! Ce moment de l'année où l'on prend le temps de faire le point.
Personnellement,
je me laisse toujours une période de retour au calme après la période mouvementée
du Temps des Fêtes question de m'arrêter sur les événements, bons ou mauvais
qui ont parsemé mon année.
Je préfère
également prendre un peu de recul afin d’écrire mes vœux aux gens qui me sont
chers. Je leur offre au moment que je juge le plus opportun pour chacun. J'ai
besoin que ceux-ci soient ressentis et sincères.
Je n’ai jamais
aimé la cassette automatique du « Bonne année ! Je te souhaite tout ce que tu
désires pour l'année à venir - argent, bonheur, réussite, santé, etc. »
qu'on joue à répétition sur le coup de minuit entre deux verres et une série de
rigodons.
Parce que CE
MOMENT où tous semblent pourtant baigner dans l'allégresse m'a toujours rendu
profondément mal à l'aise. Pour être honnête - je le déteste.
UNE PROXIMITÉ ENVAHISSANTE
Il y a d'abord
cette proximité envahissante que l’on m’impose à répétition. Tous ces yeux trop
près des miens. Ces regards soutenus qui me percent jusqu’à m’en donner la
migraine. Ces moments où je dois faire des efforts surhumains pour comprendre
ce qu'on me dit alors que mes sens sont surstimulés par trop de bruits et trop
d'odeurs. Une fois, deux fois, trois fois, trop de fois ! Trop d'accolades, de
bisous, bref ! Trop de contacts physiques.
Résultat : Je
voudrais seulement fuir, dans mon petit coin où me créer un bouclier protecteur
style Star Trek pour me protéger des non désirés et trop nombreux contacts
sociaux. Le téléporter aussi pourrait être une alternative importante.
LA SUR-STIMULATION
Lorsqu'il ne
met pas tout au premier niveau, mon cerveau ne peut gérer qu'une chose à la
fois. Il se concentre sur un élément (bruit, odeur, lumière, etc.) et fait
abstraction de tout ce qui se passe autour. Et ici, ce n'est pas moi qui prends
la décision de ce qui est mis en avant plan.
Il est donc très
possible que lorsque qu'une personne m'offre ses vœux, Monsieur l'Organe Noble
par excellence décide d'être un peu moins noble et de mettre l'accent sur le
roulement du frigo, la chanson qui joue, ou un parfum à l'odeur trop forte ou
agréable, name it... sauf ses paroles de la personne en face de moi.
Résultat :
Après le joli discours d'une minute de mon interlocuteur, pendant lequel
j'aurai secoué la tête en acquiesçant de façon automatique comme un bobble head, affichant
un sourire tout sauf naturel et dans l'incapacité de résumer les paroles de
celui-ci, j'aurai l'air d'une belle dinde complètement déconnectée, donc
bizarre.
LA RÉACTION QUE VOUS ATTENDEZ
Les vœux de la nouvelle
année riment parfois avec un trop-plein d'émotions et des larmes. Il m'est déjà
difficile de comprendre et même parfois de gérer les miennes. Imaginez
lorsque ceux-ci ne m'appartiennent pas.
En cas de
débâcle incontrôlée et imprévue de canaux lacrymaux, quatre scénarios sont
possibles.
1. Je
ne comprendrai juste pas le pourquoi de ladite émotion donc, n'aurai pas la
réaction que la personne attendra de moi.
2. Je
comprendrai tout à fait, mais irai d'une réplique sans filtre et trop logique.
Il en résultera que bien qu'elles se voulaient au départ réconfortantes, mes
paroles sembleront froides ou inappropriées ou feront que j'aurai l'air de ne
pas avoir la réaction attendue - ou toutes ces réponses.
3. Je
comprendrai sans savoir comment réagir. Mon cerveau s'efforcera à analyser
rapidement chacune des alternatives qui devraient s'offrir à moi, essayant
d'ouvrir les nombreux classeurs où je range chacun de mes souvenirs qui eux,
refuseront de s'ouvrir. C'est alors que, complètement paniquée, bien que je
vous semblerai tout à fait en contrôle, je gèlerai sur place et tout en
affichant un sourire niait, je n'aurai pas la réaction attendue.
4. Je
comprendrai et ressentirai trop profondément l'émotion de la personne en
face de moi donc, encore une fois, je gèlerai sur place. Mais, cette fois-ci se
sera en bafouillant n'importe quoi de non réfléchi qui ne fera pas se
sens. Je me sentirai comme une poule pas de tête ce qui fera en
sorte que JE m'autoflagellerai psychologiquement à répétition pendant les jours
qui suivront (si ce n'est pas la prochaine décennie) en me disant que je n'ai
pas eu la réaction appropriée et en repassant en boucle dans ma tête ce que
j'aurai dû répondre à ce moment.
JE NE COMPRENDS PAS CETTE CONVENTION SOCIALE
Dans le fond,
je ne comprends seulement pas cette convention sociale. Pourquoi s'offrir des
souhaits de façon si automatique? Des phrases qui sont répétées quasi mot pour
mot, année après année sans vraiment les ressentir, juste parce que c'est de
saison.
Il me semble
que les relations humaines, bien que je les trouve souvent très complexes, sont
beaucoup trop précieuses pour leur accorder aussi peu d'attention.
Chaque nouvelle
année qui débute est comme un livre vierge dont nous tenons la plume entre nos
mains. C'est l'occasion parfaite de dire à ceux qui nous sont chers que nous
les aimons et pourquoi ils sont si précieux pour nous. Ou de prendre un nouveau
départ et tentez d'effacer l'ardoise négative relationnelle que l'on
traîne derrière soi.
Mais surtout,
un petit mot personnel, sincère et bien senti, même écrit, fait toujours
tellement de bien à la personne qui le reçoit.
