
Dans un monde de plus en plus individualiste, les réseaux sociaux et les blogues nous permettent de nous rapprocher. Qu’ils soient sur invitation, réservés aux professionnels ou ouverts à tous, ces derniers prennent de plus en plus de place dans notre vie. Mais certaines personnes se dévoilent tellement, qu’elles se retrouvent presque nues sur la Toile.
En 2014, alors que je débutais
dans le monde de l’autisme, j’ai été emmenée à faire une réflexion sérieuse
: jusqu’où étais-je
prête à étaler ma vie sur les réseaux sociaux.
J’ai
constaté que j’étais prête à bien des choses, mais que j’avais également
mes limites.
J’étais
prête à
partager toute l’information en lien avec l’autisme que je jugeais pertinente. J’y incluais aussi mon quotidien avec mes enfants,
ma vie de mère d’enfants différents
et mes réflexions en tant que femme,
qui doit se battre quotidiennement pour survivre dans ce monde à la fois simple et complexe. J’ai décidé à l’époque de garder pour moi les noms de
mes enfants et la douceur de leur visage. Et c’est un
choix que j’assume encore pleinement et
que je ne regrette pas.
Personnellement, j’ai
toujours considéré que d’exposer
les miens au regard des autres serait de les rendre encore plus vulnérables qu’ils ne le sont. Si les médias
sociaux ont du bon, la ligne est souvent mince entre ce qui est du domaine du
privé et ce qui ne l’est pas. Trop de gens veulent tout
savoir sur tout le monde et le fait de vouloir garder une partie de sa vie privée est malheureusement souvent mal perçu.
DES ENFANTS QUI S'EXPRIMENT
Dernièrement,
on apprenait dans différents médias qu’une Autrichienne
avait entamé une procédure judiciaire contre ses parents pour avoir
publié des photos d’elle sur Facebook.
Personnellement, je ne suis pas surprise. C’était prévisible que cela arriverait un jour où l’autre.
Si, de notre côté, nous demandons le respect de notre vie privée, pourquoi n’en serait-il pas de même pour
nos enfants ?
Même si
ce n’est pas facile de l’admettre, nos enfants ne nous
appartiennent pas. Ils nous sont prêtés, pour un temps. Le temps de leur
donner le meilleur de nous-mêmes
afin qu’ils s’épanouissent et qu’ils
deviennent des adultes accomplis. En tant que parents, nous leur devons le même respect que nous leur demandons à notre égard.
Il ne faut pas oublier que la liberté d’une personne se termine là où débute celle d’une autre. Aimeriez-vous voir circuler sur les médias sociaux des photos de vous que
vous n’avez pas approuvé ?
LES EXPOSER À TOUS... MÊME LES DANGEREUX
En publiant des photos de nos enfants, nous les exposons à la vue de tous et peut-être même à certains prédateurs du web. Et ici, je passe par-dessus le fait qu’on leur crée un casier numérique
qu’ils n’ont pas
demandé et qui les suivra jusqu’à l’âge
adulte… parce que le web n’oublie rien.
Je suis persuadée que d’ici quelques années nous assisterons à une explosion de procès mettant en cause des enfants qui
reprochent à leur parent d’avoir publié des photos d’eux
lorsqu’ils étaient enfants.
Et vous, croyez-vous qu’on s’expose trop aujourd’hui sur les réseaux sociaux ?

Vous pouvez également lire cet article sur Planète F Magazine où il a été publié en primeur le 22 septembre 2016.

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