LES VACCINS ET L’AUTISME, MON EXPÉRIENCE

lundi 12 décembre 2016

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Après que certaines personnes aient prétendu, à tort, qu'il est possible de guérir de l'autisme, je croyais qu’on soufflerait un peu. Mais voilà que le débat vaccins et autisme refait surface, ce qui est loin d’être sans conséquence.

À tire informatif, ce vent de panique découle d’une études cientifique frauduleuse datant de 1998 et qui a été menée par le DrAndrew Wakefield.

Malheureusement, cette étude n’en finit plus de refaire surface. De plus en plus de parents renoncent à faire vacciner leurs enfants. Les conséquences ne sont pas très joyeuses, puisque nous assistons à une recrudescence mondiale de certaines maladies, telles que la rougeole.

Mais comment pourrais-je blâmer ces parents, puisque j’ai moi-même fait partie de ce nombre?


LE VACCIN DU DOUZIÈME MOIS


Il y a neuf ans, mon mari et moi avions le bonheur d’accueillir un troisième enfant dans la famille. Comme toute bonne maman qui se respecte, je suivais à la lettre le carnet de vaccination. Je craignais quand même LE VACCIN qui arrivait trop vite. Vous savez celui qu’on pointe encore du doigt? Celui du douzième mois. Et à l’époque, j’ai été persuadée que j’avais eu raison de le craindre, puisqu’au cours des semaines qui suivirent ce dernier, j’ai commencé à remarquer certains changements chez mon fils.

Son alimentation s’est restreinte, à tel point qu’il n’acceptait de manger que quatre aliments. J’avais beau tout essayer pour « casser » cette rigidité sortie de nulle part, rien n’y faisait. De plus, il commençait à cumuler certains comportements « inhabituels ». Il mettait parfois dans de telles colères que je ne le reconnaissais plus.

Je sentais bien au fond de moi que la cause était plus profonde qu’un simple caprice et j’ai fini par me persuader que tous ces changements avaient été provoqués par son dernier vaccin. Son comportement avait changé si rapidement à la suite à ce dernier, ce ne pouvait qu’être lui le fautif.

Six ans plus tard, j’ai rencontré une infirmière qui m’a conseillé de m’informer sur le syndrome d’Asperger. Après une longue saga dont je vous épargnerai les détails, mon fils a reçu un diagnostic de trouble du spectre de l’autisme. L’infirmière avait vu juste.


LA DÉCISION DE NE PAS FAIRE VACCINER NOTRE FILLE


Trois années après la naissance de notre fils, la vie nous faisait cadeau d’une petite fille. À ce moment-là, il persistait dans notre tête le doute que les changements comportementaux de notre fils auraient pu être causés par les vaccins reçus. Mon mari et moi avons tout simplement décidé de ne pas faire vacciner notre fille.

Toutefois, l’absence de vaccin n’a pas rendu les nuits de notre petite princesse moins difficiles. Cela n’a pas fait en sorte que celle-ci ne se retrouve pas en larmes chaque fois qu’on la prenait dans nos bras. Impossible de mettre sur le dos d’un vaccin le fait que notre fille ne souriait que rarement. Ni le fait que les « coucous » et les jeux parent-enfant lui faisaient peur. Ou encore le fait que les jouets ne l’intéressassent pas.

Plus le temps passait, plus je savais que quelque chose n’allait pas. À trois ans, ma fille n’était propre ni de jour ni de nuit, ne parlait toujours pas, et ne répondait pas à son nom. Les crises se succédaient, l’alimentation était difficile, et j’avais l’impression que tout ce que j’essayais afin de l’aider se soldait par un échec.

Un mois après le diagnostic de son frère aîné, ma fille recevait un diagnostic d’autisme sévère. Bien qu’elle ait fait certains progrès depuis, à ce moment de sa vie, son autisme n’avait rien de modéré.


ET SI ELLE DEVENAIT « PLUS » AUTISTE APRÈS LA VACCINATION


Après le diagnostic de ma fille, j’ai constaté qu’il était impossible que son autisme soit causé par les vaccins. Elle n’en avait jamais reçu. J’ai entrepris de la faire vacciner selon un protocole établi avec l’infirmière responsable de son dossier.

J’avais encore ce minuscule « si » en tête. Et si c’était trop pour elle et qu’elle régressait? Mais ce ne fut pas le cas. Non seulement ma fille n’a pas régressé, mais aujourd’hui elle parle, malgré une atteinte sévère dans les trois sphères du langage. Elle est très affectueuse et elle a le plus merveilleux des sourires. Nous travaillons fort, mais elle continue d’avancer un peu plus chaque jour.

On ne se le cachera pas, l’autisme fait peur. Et je comprends les parents qui hésitent à faire vacciner leurs enfants. Mais pour bien les protéger, il est important non seulement de bien s’informer, mais également de baser nos décisions sur des faits. Surtout, il faut prendre le temps de valider les sources que nous consultons.

Le calendrierde vaccination a été mis en place afin de nous protéger et protéger nos enfants. Est-ce que certains vaccins, par exemple celui du rotavirus responsable de la fameuse gastro, me semblent excessifs? Oui. Est-ce que je trouve qu’on donne trop de vaccins en une seule fois? Tout à fait!

Mais ça ne justifie pas de faire le choix de ne pas vacciner. C’est prendre le risque de jouer à un jeu aux conséquences potentiellement désastreuses pour tous, à plus ou moins long terme. Pourquoi ne pas simplement demander un calendrier adapté, qui aurait pour effet de nous rassurer?

Personnellement, je n’ai pas besoin de plus de preuves que mon vécu pour savoir que l’autisme et les vaccins ne sont aucunement liés. Il faudrait une étude en béton pour me convaincre du contraire.

Et vous les parents, pensez-vous toujours qu’il y a un lien entre les vaccins et l’autisme?



Vous pouvez également lire cet article sur Planète F Magazine où il a été publié en primeur le 12 décembre 2016.