EN AUTISME - ASSEZ C’EST ASSEZ !

lundi 31 octobre 2016

Épuisement parental, Famille, Autisme, Troubles du spectre de l'autisme, TSA, Gouvernement du Québec


Aujourd'hui, c'est à la fois surprise et complétement sous le choc que je constate que vous avez été aussi nombreux à partager et à lire via Facebook ou via le site spectredelautisme.com mon texte Psychologiquement fragile... Ou des parents d’enfants autistes au bout du rouleau ?

J'ai lu chacun des commentaires que vous m'avez laissés ou avez partagés. Chacun des mots que vous m'avez fait parvenir en privé ou par courriel. Je suis à la fois triste et touchée de chacun d'eux. Touchée par vos remerciements d’avoir pris la parole pour ceux qui ne le peuvent, mais triste de me dire qu’ils le sont pour un texte n'aurait jamais dû être écrit. Que des histoires comme celle qui s'est déroulée en France ne devraient même pas avoir lieu. Ni là-bas ni ailleurs.

En faisant quelques recherches, j'ai appris que c'était le quatrième suicide de parents d'enfants autistes en six mois à survenir en France. On sait que la situation est difficile là-bas. Et sachez chers amis(es) que je compatis avec vous et que je trouve inacceptable cette situation qui est la vôtre.

Mais ici, au Québec, alors qu’on est censé avoir un « programme » qui fait l’envie d’autres pays, dont la France, pourquoi ai-je reçu quantité de témoignages de parents qui sont à bout de souffle et de ressources ? Des parents qui sont dépassés par l’ampleur de la tâche. Des parents qui ont peur de ce que l’avenir leur réserve si l’intervention précoce de leur enfant est laissée quasi exclusivement entre leurs mains. Parce que chacun est conscient que c'est ce qu'il risque d'arriver si l'on continue d'écouter certains spécialistes, mais que l'on continue à ignorer la réalité sur le terrain. La réalité de parents qui en ont déjà plein les bras. De parents qui sont déjà isolés. De parents qui sont épuisés. De parents qui s’appauvrissent de plus en plus afin d’aider leurs enfants. De parents qui peinent à boucler les fins de mois.

De lire qu’on a proposé comme solution à certains parents de placer leurs enfants autistes en famille d’accueil parce qu’ils étaient épuisés et à bout de ressources me sidère. Pourquoi ne fait-on que déplacer encore une fois le problème ? Pourquoi ne leur propose-t-on pas de l'aide à eux ? Ces familles d’accueil reçoivent des sommes généreuses pour s’occuper de ces enfants alors que les parents seraient aptes, pour la plupart, à le faire eux-mêmes s’ils avaient un minimum d'aide. Ces sommes devraient être attribuées afin d’aider les parents qui en ont besoin afin qu’ils aient accès à de l’aide à domicile, accès à des services, accès à un psychologue en cas de besoin.

Mais au Québec, on pratique l’art du camouflage. Au Québec, on pratique l'art du paraître.

Parce qu'au Québec, on pratique l’art de prendre à l’un pour donner à l’autre. Parce qu'on a resserré les critères d'admissibilité au supplément pour enfant handicapé déjà difficile à avoir pour certains parents de l’autisme afin de mettre en place le supplément pour enfant handicapé nécessitant des soins exceptionnels. Parce qu’au Québec, on coupe et coupe encore.

Pourquoi ? Pour faire des surplus qui serviront à nos élus à pratiquer l'art du bien paraître en période électorale. Qui serviront à camoufler les dégâts qu'ils ont fait avec leurs compressions et leurs coupes budgétaires.

Mais les dégâts eux restent.

Et ces dégâts sont souvent irréversibles.

Il est grand temps que les membres de notre gouvernement se réveillent et qu’on nous arrive avec des solutions concrètes en autisme au Québec. Des solutions adaptées aux besoins des familles.

Il est grand temps qu’on ÉCOUTE VRAIMENT les familles de l’autisme. TOUTES LES FAMILLES. Pas seulement celles sélectionnées sur le volet ou certains professionnels dont les témoignages iront dans le sens de ce que le gouvernement a envie de mettre en place ou qui serviront leurs propos.

Assez cest assez !


Publié en primeur sur la page Facebook de Aube Labbé le 29 octobre 2016.